EAM signifie « élevé à la main » : l’oisillon est retiré à ses parents, parfois dès l’œuf, et nourri par l’éleveur à la seringue ou à la pipette. Cela ne garantit pas un oiseau apprivoisé, tout dépendant de la manipulation quotidienne. Un oiseau EAM peut être très attaché à l’humain, mais s’il est imprégné (il se prend pour un humain), il risque des troubles du comportement à l’âge adulte, comme des cris pour vous appeler ou des comportements sexuels dirigés vers l’homme. Pour un oiseau de compagnie, les éleveurs conseillent un EAM élevé avec ses congénères, ou un oiseau MAN (manipulé au nid). À ne pas confondre avec l’EPP, élevé par les parents.
Infos à retenir
- 🦜 Une imprégnation humaine totale : le petit est nourri à la seringue et considère l’être humain comme un congénère de son espèce.
- 🌡️ Le danger mortel de la température de pâtée : une bouillie en dessous de 37 °C bloque le jabot, au-dessus de 41 °C elle brûle la gorge.
- 🚫 Ne jamais acheter un oisillon non sevré : la vente d’un oiseau qui réclame encore la seringue est une pratique marchande dangereuse.
- 🤝 L’alternative douce du MAN (Manipulé Au Nid) : les parents nourrissent le petit pendant que l’éleveur le manipule tous les jours.
Comment se déroule concrètement l’élevage à la main d’un oisillon ?
La démarche de l’EAM ne s’improvise pas et exige une rigueur d’horloger de la part de l’éleveur :
L’oisillon est généralement prélevé dans le nid des géniteurs vers l’âge de deux à trois semaines, au moment où ses premières plumes commencent à pointer sous forme d’aiguillons, mais avant que son regard n’intègre définitivement la silhouette de ses parents biologiques. Le petit est alors installé dans une éleveuse chauffée à température contrôlée (dont la chaleur baisse progressivement de 35 °C à 22 °C au fil des jours).
L’éleveur prépare une pâtée d’élevage spécifique délayée dans de l’eau minérale tiède. Le nourrissage se fait à l’aide d’une seringue sans aiguille ou d’une cuillère aux bords recourbés. Au début, l’oisillon réclame jusqu’à cinq ou six repas par jour, y compris tôt le matin et tard le soir. Le liquide doit être injecté avec précaution par le côté gauche du bec de l’oiseau (pour pointer vers l’œsophage et non vers la trachée respiratoire), en veillant à ce que le jabot soit totalement vidé entre chaque repas pour éviter la fermentation des aliments.

EAM, EPP ou MAN : tableau comparatif des méthodes d’élevage chez les perroquets
Pour choisir le profil d’oiseau le plus adapté à votre mode de vie et à votre éthique animale, analysez ce comparatif des trois formules :
| Méthode d’élevage appliquée | Rôle des parents et intervention humaine | Comportement avec l’humain et équilibre psychologique |
|---|---|---|
| EAM (Élevé À la Main) | Retiré du nid vers 15 jours ; nourri exclusivement à la seringue par l’humain jusqu’au sevrage complet. | Confiance totale et immédiate ; risque élevé d’hyper-attachement, d’anxiété de séparation et de piquage à la puberté. |
| EPP (Élevé Par les Parents) | Nourri et sevré à 100 % par le couple d’oiseaux dans le nid sans manipulation humaine directe. | Comportement naturel parfait ; oiseau craintif envers l’homme au départ, réclame une longue phase d’apprivoisement à la friandise. |
| MAN (Manipulé Au Nid) | Nourri par ses vrais parents, mais sorti du nid 15 minutes chaque jour par l’éleveur pour des caresses et pesées. | Le meilleur compromis moderne : oiseau parfaitement équilibré mentalement, sevré naturellement et très familier sans peur de la main. |
L’observation vétérinaire montre que le MAN gagne du terrain chez les éleveurs responsables : il permet d’obtenir un compagnon très câlin sans lui infliger le traumatisme de la privation parentale ni les carences immunitaires du sevrage artificiel.
L’avertissement d’un vétérinaire spécialiste aviaire
« N’achetez jamais un oiseau EAM qui n’est pas complètement sevré sous prétexte de vouloir créer un lien plus fort en lui donnant la seringue vous-même. C’est l’argument fallacieux de vendeurs peu scrupuleux pour se débarrasser des contraintes de nourrissage. Un faux mouvement avec la seringue et la pâtée part dans les poumons, provoquant une mort par étouffement en dix secondes. Un vrai bon éleveur garde le petit jusqu’à ce qu’il mange ses graines et ses extrudés tout seul comme un grand. »

Les 3 risques mortels lors du nourrissage des oisillons à la seringue
Nourrir un oisillon sans formation professionnelle expose l’animal à des accidents médicaux fréquents :
- La brûlure thermique du jabot : si la pâtée est réchauffée au micro-ondes sans être bien mélangée, des poches d’eau bouillante dépassent 42 °C ; la chaleur perfore les parois musculaires du jabot en quelques jours, créant une fistule mortelle par où s’échappe la nourriture.
- La fausse route respiratoire (inhalation accidentelle) : si vous poussez le piston trop vite alors que le petit ne déglutit pas, la bouillie liquide s’engouffre dans la fente palatine vers les bronches, provoquant une asphyxie foudroyante ou une pneumonie lipidique incurable.
- La stase du jabot par infection mycosique (candidose) : si la bouillie est distribuée tiédasse en dessous de 37 °C, la digestion stomacale s’arrête net ; la pâtée fermente et pourrit dans le jabot, développant des champignons du genre Candida albicans qui empoisonnent le sang de l’oiseau.
Ces difficultés techniques confirment que l’étape du nourrissage doit être intégralement gérée par un professionnel avant toute transaction avec un particulier.
Pourquoi l’oiseau EAM change-t-il souvent de comportement à la puberté ?
Le drame classique de l’oiseau élevé à la main survient généralement entre un et trois ans, au moment de sa maturité sexuelle :
Tant qu’il est bébé, l’EAM est docile, joueur et dépendant. Mais à la puberté, ses hormones se réveillent. Totalement imprégné par l’humain, il ne s’identifie pas à un oiseau mais à un membre de notre espèce. Il choisit souvent l’un des membres de la famille comme partenaire sexuel exclusif (son conjoint dans son esprit) et se met à attaquer violemment les autres membres du foyer (enfants, conjoint) pour défendre son couple imaginaire.
De plus, l’impossibilité physique de s’accoupler avec son référent humain et le manque d’attention continue génèrent chez le perroquet une frustration psychologique immense. Cette détresse se traduit par des cris d’appel incessants dès que l’humain quitte la pièce et peut basculer dans le piquage chronique (folie des plumes) : l’oiseau s’arrache méthodiquement l’intégralité du plumage du torse et des ailes pour soulager son anxiété, terminant son existence le corps à nu.
Foire Aux Questions (FAQ)
📏 Comment savoir si un oiseau EAM est réellement sevré avant l’achat ?
L’oiseau doit voler avec agilité, maintenir un poids stable contrôlé sur balance de précision depuis au moins deux semaines consécutives sans seringue, et décortiquer activement son mélange de graines, de granulés extrudés et de fruits frais sans pleurer au fond de la cage dès qu’il aperçoit une main.
🦜 Peut-on faire cohabiter un oiseau EAM avec un oiseau sauvage EPP ?
Oui, mais l’intégration demande de la patience : l’EAM ne connaît souvent pas les postures de politesse et les codes de communication de son espèce, ce qui peut provoquer des bagarres de territoire ; installez-les d’abord dans deux cages séparées côte à côte pendant plusieurs semaines pour qu’ils s’apprivoisent mutuellement.
🪶 Pourquoi les oiseaux EAM ont-ils souvent des fientes collées au croupion ?
Chez les très jeunes sujets sevrés trop vite, la transition alimentaire vers les graines solides perturbe le microbiote intestinal et déclenche des diarrhées légères ; vérifiez également que la pâtée d’élevage a été correctement enrichie en probiotiques et enzymes digestives aviaires pour faciliter la digestion de l’amidon.








